GR 30 - jour 3
De Recoleine à Rouillas-Bas
Dimanche 28 septembre 2025
J'ai très bien récupéré dans mon Cocon des Puys au gîte Au cœur des Puys à Recoleine et me suis réveillé à 8h. Tout comme la veille, je ne suis pas pressé car c'est une petite étape de 16.5 kms.
Je pars vers 9h30 et je pense arriver avant 17h00 au gîte le Moulassat à Rouillas-Bas. Je pensais manquer de carburant et j'avais fait le plein à la Bourboule, mais les paniers pique-nique sont pour le moment plus que suffisants pour tenir la journée. J'ai donc laissé quelques gâteaux et du fromage à Recoleine (~ 1kg en moins).
J'ai encore des courbatures au réveil mais après 500m de marche (en pente, vers les sommets) tout a disparu. En route vers les Puys !
Au-dessus de Recoleine, je me retourne une dernière fois sur le Puy de l'Ouire car les collines alentour occuperont bientôt tout le paysage. La promenade se fait à une altitude de 1000m ce matin, et la fraîcheur est bien présente, tout comme les nuages qui occultent le soleil.
Nous sommes dimanche et les promeneurs ou les sportifs sont de sortie. Je pense avoir croisé surtout des citadins car peu de personnes répondent à mes bonjours. Quant à taper la discute, ce n'est pas possible.
Plus je m'approche du Puy de Pourcharet et plus je vois précisément ce qui m'attend avec en point de mire le Puy de Lassolas : vais-je l'escalader ? J'ai encore un doute quant à mes capacités et je ne veux pas me blesser bêtement dès le début : donc je m'écoute pas mal pendant les trois premiers kilomètres. Par exemple, je n'ai toujours pas sorti mon appareil photo et j'utilise davantage le téléphone portable : pour moi c'est un signe de doute.
Cependant, plus je progresse et plus le moral est bon : après Pourcharet, c'est le Puy de Montjuger et bien qu'en descente, je me repose de plus en plus sur les bâtons de marche. Les jours précédents je m'en servais uniquement pour les ascensions : erreur de débutant. Ils est bon de les avoir assez souvent en main car ils soulagent considérablement les articulations.
J'arrive sans trop d'efforts à la "croisée des chemins". Ce carrefour porte bien son nom car les panneaux jaunes, pour les marcheurs, pointent des directions opposées, dont celle qui m'intéresse : Le Puy de Lassolas. Je tourne donc à droite et progresse sur un chemin plutôt plat pendant 1 km. Ici c'est le paradis des chercheurs de champignons : ils sont des centaines et partout où porte mon regard, je vois des espèces différentes. Je ne connais que le bolet et j'en vois d'énormes à plusieurs reprises. Les paysages de sous-bois sont magnifiques : je suis dans une forêt d'Auvergne !
Mon enthousiasme me porte au-delà du chemin qui monte vers le Puy de Lassolas. Je ne m'en aperçois qu'une fois arrivé dans une clairière, et que je constate que la montagne à ma gauche est couverte de pouzzolane : il s'agit du Puy de la Vache qui est tout collé à Lassolas ! Résultat, il faut faire machine arrière sur 400m. Pas grave, c'est l'occasion de faire la pause de 10h avant d'envisager une escalade car oui, je vais le faire. J'aperçois entre les branches des sapins les personnes qui en descendent : ils sont minuscules !
Il est 11h45. En route pour la pente très raide qui monte jusqu'au sommet à 1183 m. Et plus je monte, plus j'enlève d'épaisseurs pour terminer en T-Shirt alors qu'il fait tout juste 10°C. Par ailleurs, l'enthousiasme me gagne : je vais y arriver malgré les douleurs et le sac de 24 kg !
J'y suis arrivé et je n'ai pas l'impression d'être allé au bout de ce que je peux produire.
J'ai le moral au top. La preuve, je range mon téléphone et je vais utiliser mon Canon. Finis les réglages d'ouverture, de vitesse et d'ISO exotique du Pixel 6. Je prends la main en mode AV à f/8.0, non mais !
Il est à présent 12h30 quand j'arrive au milieu du Puy de Lassolas. Le panorama est époustouflant de tous les côtés. Au Sud la vue est dégagée jusqu'au Puy de Sancy situé à 23km à vol d'oiseau.
Au Nord, le Puy de Dôme, à 7km. A l'Est c'est la Limagne et à l'Ouest la vallée entre Recoleine et le lac de Servières. Il y a beaucoup de promeneurs avec moi qui profitent de la douceur de ce dimanche.
Pour continuer il n'y qu'un chemin : le Puy de la Vache. En route pour une descente qui mélange sentier et escalier, puis de nouveau une ascension par un escalier, au cœur de la forêt qui sépare les deux volcans (Lassolas et la Vache). Les marches sont très hautes, elles me ralentissent. Je les évite autant que possible pour épargner mes genoux qui commencent à souffrir.
Le Puy de la Vache m'accueille à 13h : c'est la bonne heure pour faire la pause de mi-journée. Je vais bien profiter de la vue, adossé à un énorme bloc de roche volcanique qui me coupe du léger vent d'altitude.
Il y a peu d'activité à cette heure de la journée et très peu de marcheurs passent par ici. Il règne un calme très apaisant.
De là-haut, non seulement je vois loin, mais j'entends aussi des bruits très éloignés : les marcheurs qui parlent quelques centaines de mètres plus bas en traversant la clairière où j'ai fait demi-tour pour revenir vers le Puy de Lassolas, une tronçonneuse au loin près des maisons, nichées au pied du Puy de Montchal.
Il est presque 14h quand je me relève. Encore quelques photos et je descends vers la carrière du Puy de la Vache. Je dois bien avouer que ce fut un calvaire : des escaliers tout du long parfois même de hauteurs inégales. Je garderai des séquelles de cette descente jusqu'au dernier jour.
Une fois en bas, encore un paysage "dépaysant". Une carrière de pouzzolane remplie de rochers de toutes tailles qui sont parsemés sur des petites élévations. Un paradis pour jouer à cache-cache et aussi pour la palette de nuances des couleurs ocres.
Les 2 kilomètres suivants se font rapidement, tout en descente vers la Cassière. Je cède parfois le passage à des VTT car une course d'orientation a été organisée et je suis sur leur parcours : une excellente ambiance, très conviviale.
Il est 15h20 lorsque j'arrive au lac de la Cassière. Ici les canards sont curieux et viennent spontanément vers l'homme, tout comme les petits oiseaux. Ils sont habitués à manger ce que leur laissent les promeneurs.
J'ai pas mal d'avance donc je vais pouvoir faire durer la pause et repartir vers 16h. Je ne suis pas attendu avant 17h à Rouillas-Bas.
Une ouverture dans un champ, sur les hauteurs de la Cassière me permet d'admirer une dernière fois le Puy de Dôme avant d'entamer les derniers kilomètres vers mon gîte. Plus loin, c'est une vue sur le lac d'Aydat que je longerai demain matin, avec toujours en point de mire le Massif du Sancy. Je pense m'être bien rapproché d'ailleurs car sous cette lumière de milieu d'après-midi, je devine les plissements de la vallée de Chaudefour.
La descente vers Rouillas-Haut me met en contact avec les premières vaches Salers depuis mon départ. Enfin il y en avait peut-être le premier jour, près du Tenon, mais avec le brouillard qui régnait alors, je ne peux pas en être certain.
Plus loin ce sont des Limousines puis j'arrive en haut de Rouillas-Bas, accueilli par deux chevaux et quelques chèvres.
De là, je pourrais suivre le GR30 qui me fait faire toute une boucle pour revenir en arrière sur mon gîte. Je préfère prendre un autre chemin qui me fera passer du bas de Rouillas-Haut au haut de Rouillas-Bas.
A 17h00 j'arrive au gîte le Moulassat où je suis accueilli très chaleureusement par Laurent, un ancien cuisinier reconverti en hôte. C'est lui qui prépare le repas de ce soir. Je recommande vraiment cette étape qui est particulièrement bien adaptée aux randonneurs. Les chambres sont grandes et je m'y suis très bien senti. Il y a aussi un très grand jardin aménagé avec des animaux. Par ailleurs Ingrid et Laurent savent mettre à l'aise et ils ont plein d'anecdotes sur leur village et la campagne environnante.
Si vous y allez une fois vous n'aurez qu'une envie c'est d'y retourner. Un repas de chef avec uniquement des produits locaux tout comme le vin.
Ici comme à Recoleine, j'étais chez des passionnés de leur région. J'ai appris une foultitudes de choses.
Merci à eux pour leur accueil !
Bilan de cette journée
- Je me suis rassuré quant à ma capacité à réaliser des ascensions
- Par contre j'ai des doutes sur la distance que je pourrais faire chaque jour
- Des paysages fantastiques et des hôtes incroyables depuis le début de mon périple